La Mission Solidarité de la SNCF soutient la politique publique en faveur des plus démunis sut tout le territoire français. Elle contribue ainsi à aider la SNCF à remplir son rôle d’entreprise publique socialement responsable et à s’inscrire dans une dimension de proximité vis-à-vis des citoyens, et en particulier des plus démunis.
A l’instar de la SNCF, les chemins de fer italiens se sont engagés sur le terrain de la solidarité à travers le secteur des Politiques Sociales (Politiche Sociali) de la Holding FS. L’identité des missions a poussé les deux parties à se rapprocher et comparer leur expérience avec l’ambition de déboucher sur un projet de jumelage entre les gares de Roma Termini et Gare de Lyon. Les contours de ce projet se sont précisés avec la dernière réunion de Paris les 22 et 23 Novembre 2005 entre la Mission Solidarité et les « Politiche Sociali » des FS. Dans ce cadre, il s’est agi de concrétiser un projet de jumelage et de créer un espace commun pour mieux se connaître et échanger des expériences communes sur les règles de l’art pratiquées.
Les deux grands secteurs d’intervention de la Mission Solidarité portent sur « les prestations solidaires en gare » et « les actions territoriales solidaires » qui déclinent sous la forme d’actions spécifiques à chaque secteur.
1. Les prestations solidaires en gare
La lutte contre l’errance
La SNCF a mis en place avec les Pouvoirs Publics et les associations concernées un dispositif social dans une trentaine de gares en France
dIl s’agit de prendre en compte un phénomène de société qui s’impose à l’entreprise et auquel elle doit faire face. Il lui faut aider des personnes en difficulté ou en errance en leur permettant d’être prises en charge par des associations spécialisées et aidées dans leur besoin immédiat : soins médicaux, pré insertion au travail, hébergement provisoire,…. Trois niveaux de prestations visent à répondre aux situations rencontrées dans les gares :
• Les points SOS Voyageurs
Les associations SOS Voyageurs, actuellement dans dix gares en France, accueillent toute personne (voyageur ou non) en difficulté dans la gare pour lui apporter une aide morale et / ou matérielle. Il s’agit d’un service ponctuel et polyvalent (écoute, réconfort, aide, orientation…) en concertation par le Chef de gare Voyageurs. Les associations SOS Voyageurs exercent donc une fonction d’« observatoire social » et ont un rôle de prévention. Pour autant, leur action ne saurait se substituer ni à l’accueil de la SNCF, ni à celle des associations spécialisées dans le domaine social.
• Les maraudes en gare
Agents SNCF ou travailleurs sociaux, les membres des équipes de maraude vont à la rencontre des personnes en errance et des personnes “ sédentarisées ”. Elles les écoutent, leur apportent aide et soutien et les incitent à rejoindre une structure d’accueil située à proximité de la gare. Cette prestation est actuellement développée dans 4 gares parisiennes et 7 gares de province.
• Les Points d’Accueil Solidarité (PAS)
Implantés dans les gares de Metz, Strasbourg et Tours, ils permettent l'accueil et la prise en charge de nombreuses personnes en errance. Les membres des PAS effectuent eux aussi des maraudes en gare. Ils reçoivent ensuite les personnes dans des bureaux mis à leur disposition par l’entreprise. Ils peuvent envisager avec elles, soit des moyens de répondre à des problèmes urgents (hébergement, repas, soins…), soit des possibilités d’insertion, avec au minimum un lien avec des associations d’insertion.
En liaison avec les Pouvoirs Publics, des études sont en cours visant à créer ou à renforcer les dispositifs de prise en charge dans d’autres gares : Dunkerque, Saint Nazaire, Toulouse ou Valenciennes.
On évalue à plus de 100 000 personnes en difficulté à des degrés différents, que les associations et la SNCF aident ainsi annuellement.
L’hébergement d’urgence
Dans ce domaine, la SNCF répond favorablement à une demande permanente des Pouvoirs Publics. C’est surtout sur Paris que l’effort en matière d’hébergement d’urgence est le plus soutenu, en raison de l’importance des besoins. Actuellement la SNCF met à disposition, participe à l’investissement et au fonctionnement de trois structures :
• L’hébergement de Paris Vaugirard
Situé sur les emprises de la gare Montparnasse Vaugirard, il propose en permanence, depuis 1994, une quarantaine de places dans des bungalows et accueille ainsi 250 bénéficiaires en situation difficile et en recherche d’insertion par an. Sa gestion est confiée au Centre d’Action Sociale Protestant (CASP).
• L’hébergement de Pont Cardinet
Installé en gare de Pont Cardinet, dans le 17ème arrondissement de Paris, depuis mai 2003, il offre une capacité de 40 places quotidiennes dans des voitures SNCF. Confié également au CASP, il accueille annuellement environ 250 bénéficiaires en réinsertion professionnelle.
• L’hébergement de Pantin
Depuis 1993 la SNCF avait créé en gare de Paris Est une structure installée dans des voitures couchettes transformées en petites chambres. Cet hébergement fonctionnait toute l’année et accueillait chaque jour une quarantaine de personnes.
Con l'arrivo del TGV alla gare de l'est, il centro è stato spostato presso la sede di Pantin. Les travaux liés à l’arrivée du TGV Est Européen ont entraîné la libération de la voie où stationnaient les voitures. Afin d’être en mesure de continuer le partenariat avec l’association, et en accord avec la DASS de Paris, la SNCF a participé à la création d’une nouvelle installation, dans un ancien bâtiment situé sur le site ferroviaire de Pantin. La structure est ouverte au public depuis le 10 novembre 2005. Il s’agit d’un centre de nuit ouvert tous les jours de 17h00 à 8h30, sauf le dimanche où le centre est ouvert en permanence. Il est actuellement en mesure d’accueillir 30 à 35 personnes, mais à l’issue de son réaménagement, il sera en mesure d’héberger jusqu’à 55 personnes. Il est accessible par le 115, le numéro de téléphone réservé à l’urgence sociale sur tout le territoire français ou bien par l’intermédiaire du CASP. La population masculine accueillie se trouve dans la tranche d’âge 18/50 années et est bénéficiaire des prestations du centre, dont l’accueil administratif, juridique, social et médical. Les chambres sont beaucoup plus spacieuses et modernes que les anciens compartiments couchettes.
n matière d’hébergement d’urgence, la SNCF a ainsi aidé en 2005 sur Paris environ 2500 personnes.
En province, les besoins d’hébergement sont moins importants, mais la SNCF est à l’écoute des demandes exprimées par les préfectures. Un hébergement d’urgence a vu le jour fin 2003 à Avignon avec l’installation en gare de structures hivernales (50 places).
Le Samu social de Paris : un numéro d’appel unique, le 115
Un partenaire important en ce qui concerne les prestations solidaires de la SNCF est celui avec le Samu Social de Paris (secours et aide médicale d’urgence). Cette structure, financée par la DASS de Paris, la Mairie de Paris et la RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens), offre une plateforme téléphonique commune le 115, numéro gratuit pour l’urgence sociale qui fonctionne dans tout l’Hexagone. A Paris, le service mobile est constitué de sept unités routières dotées chacune d’une équipe spécialisée comprenant un éducateur social, une infirmière et un chauffeur allant à la rencontre des personnes à la rue. 8 agents de la SNCF sont actuellement détachés et employés au Samu social de Paris comme chauffeur ou éducateur social.
L’ESI (Espace de solidarité et d’Insertion) est une structure d’accueil de jour qui propose des activités culturelles, de recherche d’emploi et d’aide de première urgence. Les CHUSI (Centres d’hébergement d’urgence avec Soins Infirmiers) hébergent pour l’essentiel les malades qui ne sont plus pris en charge par les hôpitaux et qui ont besoin d’une assistance complémentaire soutenue
Enfin, la SNCF s’engage également dans la lutte contre les suicides en gare et dans la mise à disposition d’espaces en gare pour des manifestations ou actions de sensibilisation du public (expositions photographiques, programmes de communication, etc.)
2.La Fondation Solidarité SNCF

La Fondation Solidarité SNCF agit prioritairement dans les domaines suivants : la prévention sociale et éducative vers les jeunes, la prévention par le sport, le travail dans les quartiers « d’habitat sensible » (quartier où la population cumule des difficultés d’ordre social et économique : chômage, famille monoparentale, scolarisation problématique,…), l’insertion, la lutte contre la récidive et la médiation.
Les Chantiers d’insertion
sont le fruit d’un accord avec le Ministère du Travail qui prévoit de proposer des emplois à 700 personnes (des jeunes sans emploi ou des personnes en recherche d’emploi). Entre 2003 et 2004, un certain nombre de chantiers d’insertion ont été créés sur les régions SNCF de Rennes, Lille, Paris Rive Gauche et Paris Saint Lazare.
Le programme 2005-2007 prévoit des chantiers dans toutes les régions de l’hexagone et en région parisienne avec la remise en service de la « Petite Ceinture » (voie désaffectée faisant le tour de Paris) (en collaboration avec RFF). L’objectif de ce projet est de favoriser l’insertion sur le marché du travail des personnes défavorisées en leur donnant la possibilité d’une formation dans le monde professionnel et en mettant à disposition des ressources humaines supplémentaires au niveau de petites gares de la SNCF. Au total sur deux ans, 18 régions françaises verront 200 gares rénovées, ce qui permettra à 420 personnes de retrouver un emploi. L’activité de médiation sociale est assurée par l’intermédiaire des PIMMS (Points Information Médiation Multiservice ainsi que d’autres services en cours de définition.
La prévention intervient en priorité dans le cadre de la pratique sportive. En effet, la Fondation Solidarité SNCF soutiendra environ 80 associations à la fin 2006, ce qui permet à travers l’activité sportive d’aider un grand nombre de jeunes en difficulté. Par ailleurs, la prévention s’appuie sur des projets dans les quartiers et les établissements scolaires. La Fondation solidarité joue également un rôle dans ce contexte et a vu ses missions évoluer très significativement depuis sa création en 1996. Initialement sous l’égide de la Fondation de France, laquelle par le biais de deux sociétés gérantes coiffent l’ensemble des Fondations françaises, la Fondation Solidarité a été transformée en 2000 en fondation d’entreprise présidée par la SNCF. La solidarité est reconnue comme composante essentielle de la responsabilité sociale et sociétale de la SNCF. Le thème majeur de la Fondation sera la prévention pour les jeunes et il constituera le fil conducteur des futures actions à entreprendre. Pour être concret, la Fondation aidera les projets de cheminots engagés comme volontaires par des associations oeuvrant pour l’insertion des jeunes.
Il semble que l’organisation des services sociaux d’assistance en France pour les personnes en grande difficulté, s’apparente aux structures italiennes et notamment à celles de la ville de Rome: la « Sala Operativa Sociale » de la Mairie de Rome fait pendant au Samu Social de la Ville de Paris ; les missions de solidarité confiés à la SNCF et celles confiées à la société Holding des FS sont voisines ; l’Observatoire nationale de La Solidarité de la SNCF a un rôle similaire à l’Osservatorio Nazionale sul Disagio et la Solidarietà qui intervient au niveau des gares italiennes dans le secteur des affaires sociales des FS (en collaboration avec l’ANCI, l’association nationale des Municipalités italiennes).
Missions communes, besoins partagés et pratiques à étudier et échanger, voilà bien là le fil et la trame d’un jumelage à construire.